Entre le 1er janvier et le 30 septembre 2018, les données enregistrées dans 472 stations de mesure réparties sur tout le territoire espagnol ont révélé une augmentation du nombre de personnes exposées au pollution par l'ozone troposphérique; Plus précisément, entre 0,5 et 1,6 million de personnes supplémentaires ont respiré de l'air contaminé par l'ozone dans notre pays, par rapport aux données recueillies en 2015, 2016 et 2017.

Le rapport des écologistes en action "La pollution par l'ozone dans l'État espagnol en 2018" met en garde que, selon la valeur objective fixée par la directive européenne sur la qualité de l'air, 24,6% de la population espagnole -11,5 millions personnes ont respiré de l'air contaminé par l'ozone jusqu'à présent cette année. Mais si l'on prend en compte la valeur d'ozone troposphérique recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce pourcentage atteindrait 85,3%, ce qui signifie que six personnes sur sept en Espagne ont été exposées à ce polluant en des niveaux plus élevés que ceux considérés comme sûrs par cet organisme.

24,6% de la population espagnole - 11,5 millions d'habitants - ont respiré de l'air contaminé par l'ozone jusqu'à présent cette année

Le document indique que Castilla-La Mancha, Extremadura, la Communauté de Madrid et la région de Murcie sont les zones les plus polluées, tandis que les îles Canaries, Cantabrie, Castille et Léon et la vallée de l'Èbre présentent des niveaux d'ozone plus modérés. De plus, ce polluant est déplacé et se concentre généralement dans zones proches des grandes villes, mais où l’air est considéré comme plus pur, comme les montagnes de Madrid, Ségovie, Tolède ou Guadalajara.

Les risques pour la santé de l'ozone troposphérique

L'ozone troposphérique est un polluant qui ne provient pas directement des émissions du trafic routier ou des industries, mais se forme dans les couches inférieures de l'atmosphère à la suite de réactions chimiques de ce type de polluants, en particulier ceux qui proviennent des véhicules dieselthermoélectriques et certaines activités industrielles, ainsi que le rayonnement solaire.

Comme il s’agit d’une substance incolore et inodore, elle passe inaperçue. Toutefois, elle a des conséquences néfastes pour la santé. Lorsque ses concentrations sont élevées, elle provoque irritation des yeux, des muqueuses et des tissus des voies respiratoires supérieures (réduction de la fonction pulmonaire), des maux de tête et des douleurs thoraciques.

Au moins 14 400 personnes en Europe et 1 600 en Espagne sont décédées prématurément à cause de l'ozone troposphérique en 2014

Une exposition continue à l'ozone, même à des concentrations plus faibles, nuit également à l'organisme en augmentant l'incidence et la gravité des maladies respiratoires telles que les allergies ou l'asthme, et causant la mort prématurée des personnes qui souffrent maladies cardiovasculaires ou respiratoires chroniques.

Ainsi, selon les données de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), en 2014, l'ozone troposphérique a tué au moins 14 400 personnes en Europe et, en Espagne, 1 600 personnes sont décédées prématurément de la même cause. Les personnes les plus touchées par ce polluant atmosphérique sont les personnes âgées, en particulier celles qui souffrent de problèmes cardiovasculaires ou respiratoires (MPOC, asthme ...) et les enfants.

Mesures visant à réduire la pollution par l'ozone

Les experts d’Ecologists in Action ont demandé aux administrations d’établir dans les meilleurs délais des plans d’amélioration de la qualité de l’air, et d’informer la population de 180 microgrammes par m3. Il est important que les citoyens le sachent, car l'augmentation du rythme respiratoire lors d'un exercice physique augmente également la quantité d'ozone qui pénètre dans les poumons. Il est donc conseillé de ne pas pratiquer de sports de plein air lorsque les niveaux d'ozone être élevé.

En ce qui concerne les principales mesures pouvant être adoptées pour réduire ce polluant, il est nécessaire de réduire les émissions provenant du trafic et de l'industrie, considérées comme des précurseurs de l'ozone, et pour cette raison privilégier les transports en commun, notamment électriques, facilitent l’utilisation de bicyclettes pour se rendre sur les lieux de travail ou d’étude, et permettent d’améliorer les chemins de fer interurbains au lieu des voitures.

De plus, les centrales thermoélectriques à base de combustibles fossiles devraient être remplacées par des énergies renouvelables et limiter le trafic des véhicules diesel. Et également améliorer l'isolation thermique des maisons afin de réduire la consommation d'électricité, et utiliser des peintures à base d'eau, en évitant l'utilisation de solvants organiques.

Couche d'ozone : son fonctionnement sur Terre (Août 2019).