L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) recommande l’utilisation de méduses - dont la prolifération excessive pourrait être à l’origine du déclin de certains stocks halieutiques de la Méditerranée et de la mer Noire - des produits alimentaires et même des produits médicaux, puisqu'il a été découvert qu'il existe une méduse - appelée Turritotsis nutricula - qui peut inverser son processus de vieillissement et contribuer ainsi à la recherche sur les produits rajeunissants.

Il pourrait ainsi éliminer l'excès de méduses qui menacent la survie d'autres espèces et en tirer parti comme source de nourriture, ce qui contribuerait à augmenter les ressources disponibles. De plus, ces animaux sont déjà commercialisés pour la consommation dans différents pays, tels que le Japon, la Chine, l'Indonésie, la Corée et la Thaïlande, où ils sont considérés comme un mets délicat. En Espagne, il y a quelques années, le célèbre chef Carme Ruscalleda a offert des méduses aux clients de son restaurant El Poblet, après son retour d'un voyage au Japon où il a découvert ses possibilités culinaires.

Ceux qui les ont essayés disent que sa saveur rappelle celle de l'huître et de la bernache, et que sa texture est cartilagineuse et croquante. L'Union européenne interdit pour le moment sa commercialisation en frais, raison pour laquelle celui qui est consommé dans les pays européens est salé ou déshydraté. Les méduses sont composées à 99% d'eau, elles ne contribuent pas aux graisses et leur teneur en protéines est rare, bien qu'elles soient riches en collagène. On leur attribue donc des propriétés curatives.

"Les méduses sont déjà abondantes dans presque tous les océans et leur reproduction aveugle peut avoir de graves conséquences sur les populations de poissons"

La Commission générale des pêches pour la Méditerranée - qui appartient à la FAO - a préparé un rapport qui avertit que l’augmentation du nombre de méduses pourrait être l’une des raisons du déclin des stocks de poissons en Méditerranée et en mer. Noir

Selon ce document, une sorte de "cercle vicieux" aurait été mis en place puisque, d'une part, la pêche excessive épuiserait ces populations, prédatrices naturelles des méduses, qui en favorisent la prolifération; et d'autre part, les méduses se nourrissent de larves de poissons, ce qui rend leur récupération encore plus difficile.

Les données traitées par la FAO indiquent que les méduses sont déjà abondantes dans presque tous les océans et que leur reproduction aveugle peut avoir un impact grave et décisif sur les populations de poissons, ce qui avait déjà été prouvé dans les années 1980, lorsqu'une espèce de méduse que l'on trouve normalement dans l'Atlantique, Mnemiopsis leidyi, a été accidentellement introduite dans la mer Noire.

Le rapport souligne que les méduses peuvent également prospérer grâce aux nouvelles conditions qui les favorisent, telles que le réchauffement climatique, l'eutrophisation, qui augmentent la quantité d'éléments nutritifs présents dans l'eau, ou la construction de barrages et de ports touristiques, qui ce sont des habitats idéaux pour ces animaux.

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